Le petit prince, Chapitre II : L’aviateur rencontre le petit prince

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Analyse du conte pour enfants Le Petit prince
PDF, 76 pages
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Voici un extrait de l’analyse narrative du Petit prince, best-seller mondial de la littérature enfantine et de la littérature tout court.

Dans cette analyse nous utilisons les concepts de nos cours de scénario.

Le petit prince de Saint Exupéry, Chapitre II, résumé : l’aviateur rencontre le petit prince

Le narrateur raconte  qu’il a vécu seul, « jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans ». Moteur cassé, avec de faibles réserves d’eau pour boire, il devait réparer son moteur au plus vite.

Structure : ce premier paragraphe présente l’exposition (le narrateur était aviateur), le déclencheur (il est tombé en panne dans le désert) et les autres données dramatiques d’une nouvelle intrigue, qui contraste par sa gravité et ses enjeux – la vie ou la mort – avec les précédentes qui sonnaient amusantes et légères. Elle a pour Héros le narrateur-aviateur, pour Antagoniste la panne de son avion, et pour but la réparation au plus vite.

Effet dramatique : cette condition du but – réparer en urgence – constitue un compte à rebours ou time lock en anglais, et est souvent utilisée pour dramatiser une action. Sans urgence, on aurait moins de tension dramatique.

Genre : le texte n’insiste pas sur l’aspect autobiographique de l’événement, mais Saint-Exupéry a réellement vécu un accident de ce genre : fin décembre 1935, alors qu’il tentait de battre un record de vitesse entre Paris et Saïgon, il fut contraint à se poser en catastrophe dans le désert en Egypte, et resta 4 jours sans eau ni vivres avant d’être miraculeusement sauvé…

L’aviateur s’est ensuite endormi dans le désert, à la belle étoile, et a été réveillé par une voix qui lui demandait : « – S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »

Structure : cette rencontre inattendue forme le déclencheur d’une nouvelle intrigue, incluse dans la précédente. Le Petit Prince sera l’histoire d’une série de rencontres, avec les grandes personnes, le géographe, l’allumeur de réverbères, le vaniteux, le buveur, puis les habitants de la Terre.

L’aviateur découvre devant lui un « petit bonhomme tout à fait extraordinaire », dont il a fait un dessin plus tard. Cet enfant ne semble ni perdu ni en manque de quoi que ce soit, il ne demande qu’une chose, répète-t-il : que l’aviateur lui dessine un mouton. L’aviateur, passé par l’école qui lui a fait oublier ses instincts, prétend ne plus savoir dessiner, mais l’enfant insiste. L’aviateur dessine alors son vieux dessin d’éléphant dans un boa. Seul à reconnaître immédiatement de quoi il s’agit – il n’y voit pas un chapeau mais bien un boa ! – l’enfant refuse ce dessin et insiste pour obtenir un mouton. Au détour d’une phrase il confie « chez moi c’est petit » ce qui nous laisse comprendre qu’il souhaite ramener le mouton – ou plutôt le dessin de mouton – chez lui, sans qu’on sache où il habite.

Cette scène charmante développe l’Acte II de cette intrigue incluse, et en confirme les données : Héros, l’enfant qui veut un dessin de mouton, et Aide du Héros, l’aviateur. Comme l’aviateur ne se montre pas d’abord très docile, il peut passer temporairement pour un Antagoniste qui contredit le but du Héros, mais cette hypothèse sur la structure des rôles actantiels se verra rapidement contredite.

L’écrivain aviateur exécute alors 3 dessins de moutons, que l’enfant refuse l’un après l’autre, trouvant le premier très malade, le troisième trop vieux, et reconnaissant un bélier dans le deuxième. A bout de patience et désireux de retourner réparer son moteur (donc de revenir à l’intrigue qui lui semble la plus importante, où sa vie est en jeu), l’aviateur donne au petit prince le dessin d’une caisse perforée de trous, en affirmant que le mouton idéal se trouve dedans. Cette fois, l’enfant s’en satisfait, mais s’inquiète des besoins en herbe de ce mouton, « Parce que chez moi c’est tout petit… », avant de remarquer que le mouton… s’est endormi !

Structure : ce passage formait la crise, après trois échecs le but est finalement atteint, même au-delà des attentes du lecteur, puisque l’enfant a réussi à imaginer le mouton même à travers le dessin de la boîte.

Ce dernier fait – la clairvoyance du petit prince – s’accorde merveilleusement bien avec le message philosophique principal du conte, qui ne sera énoncé qu’à la fin : la vraie beauté est invisible, elle ne se voit qu’avec le cœur, au-delà des apparences…

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