Résumé du petit prince, Chapitre XIII : la planète du businessman

Le petit prince
PDF, 76 pages

Voici un extrait de l’analyse narrative du Petit prince, best-seller mondial de la littérature enfantine et de la littérature tout court.

Résumé du petit prince de Saint Exupéry, Chapitre XIII : la planète du businessman

« La quatrième planète était celle du businessman. » Il s’aperçoit à peine de l’arrivée du petit prince, et s’acharne à compter des tas de chiffres, aboutissant à un total de plus de 500 millions.

Répétition du motif des chiffres qu’apprécient les adultes.

Structure : double exposition de deux intrigues entrelacées au déroulement simultané. Dans l’une, le petit prince, Héros, continue son exploration de l’univers. Dans l’autre, le businessman en position de Héros a pour but de compter sans relâche.

Le petit prince s’enquiert de ce que compte le businessman, tellement occupé à compter qu’il ne le sait même plus. Il affirme « Je suis sérieux, moi ». Le narrateur souligne à nouveau que « jamais de sa vie, [le petit prince] n’avait renoncé à une question, une fois qu’il l’avait posée ».

Structure : déclencheur. Le schéma actantiel de la deuxième intrigue se complète, avec le petit prince en position d’Antagoniste, empêchant le Héros de compter.

Répétition de motif : seconde apparition de la phrase « Je suis sérieux, moi », qui répète cette idée précédemment attribuée à l’aviateur dans le chapitre VII, et contre laquelle le petit prince s’était mis en colère. Cette formulation qui répétait déjà la critique par l’aviateur des gens raisonnables, qui ne voyaient qu’un chapeau dans le dessin du boa-éléphant, sera répétée encore plusieurs fois par le businessman…

Troisième répétition du motif de cette curiosité obstinée du petit prince.

Au lieu de répondre, le businessman compte les fois où on l’a dérangé dans ses comptes, mentionnant précisément le nombre d’années écoulées entre chaque interruption, ce qui produit un effet d’autant plus absurde ; puis il se remet à compter.

Structure : entrée dans l’Acte II, qui vaut pour les deux intrigues simultanées.

Le petit prince repose sa question : « Millions de quoi ? » Sa détermination faiblissant, le businessman évoque « ces petites choses que l’on voit quelquefois dans le ciel ». Insatisfait, le prince veut en savoir plus, et après de vains tâtonnements, il découvre qu’il s’agit en fait d’étoiles. Le petit prince veut savoir ce que le businessman en fait, celui-ci réaffirme son sérieux et répond qu’il les possède, que cela lui sert à être riche, ce qui lui sert à acheter d’autres étoiles, une logique circulaire que le petit prince compare à celle du buveur.

Double intertextualité interne, sur le thème des étoiles et sur la logique psychologique absurde des personnages rencontrés par le prince.

Face au petit prince qui se demande si on peut vraiment posséder les étoiles, le businessman argumente que ce qui n’est à personne est au premier qui le trouve, donc les étoiles lui appartiennent. Que fait-il de ses étoiles ? Il les gère, il les compte, réaffirmant qu’il est un homme sérieux. Le prince conteste cette logique d’appropriation, mais le businessman va jusqu’au bout de son idée, prétendant pouvoir placer ses étoiles en banque, ce que le prince jugement bien plus poétique que sérieux.

Structure : l’Acte II s’achève, sur un mode délirant.

Le prince affirme finalement sa propre idée de la possession, évoquant les choses qu’il gère : sa fleur et ses volcans. Sa conception de la possession repose sur l’utilité des soins qu’il apporte à sa fleur et à ses volcans, et il rétorque au businessman que celui-ci n’est pas utile à ses étoiles, ce qui cloue le bec du businessman.

Structure : crise (le petit prince affirme sa conception de la possession qui contredit frontalement celle du businessman) et climax (le businessman, pour la première fois, n’a rien à rétorquer).

Le petit prince s’en va, constatant encore à quel point les grandes personnes sont bizarres.

Répétition systématique du motif de cette conclusion à chaque nouvelle rencontre.

Remarque de fond : comme on l’a déjà observé, Saint-Exupéry n’a pas eu peur de dénoncer radicalement les logiques marchandes du monde capitaliste qui était le sien et qui est toujours le nôtre.

C’est donc avec une cruelle ironie qu’on constate à quel point ses ayants-droits familiaux et éditoriaux (notamment Gallimard) ont trahi et contredit la prise de position de l’œuvre en faveur d’une pratique non-commerciale de la vie, et en ont dénaturé le message en en vendant les droits de reproduction pour servir des thèses qu’elle n’a jamais contenues, confiant ces droits de reproduction à des compagnies et des entreprises remplies de ces monarques absolutistes, de ces comptables hystériques et de ces businessmen toujours pressés qui ne s’intéressent qu’aux chiffres qu’ils prennent pour des choses.

Si Saint-Exupéry n’était pas mort tragiquement en s’écrasant dans son avion au large de Marseille en juillet 1944 avant d’avoir pu assister au succès fulgurant de son œuvre et sans laisser aucun testament, on imagine qu’il aurait légué sa future fortune aux seuls êtres qui en aient vraiment besoin : les enfants pauvres, par exemple.

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