Cali – Le droit des pères – Analyse des paroles

Chanson française
PDF, 176 pages

Story&Drama analyse les paroles de la chanson Le droit des pères de Cali, un pamphlet engagé contre la justice familiale française.

Clip de Le droit des pères

Paroles de Le droit des pères

Au diable ma fierté
À genoux je viens supplier
Je voudrais juste que la justice
Soit un peu plus juste cette fois

Au diable ma fierté
À genoux je viens supplier
Car la justice a été trop juste
Encore une fois

C’est une tragédie
Une nouvelle marche en arrière
Leur partielle, meurtrière justice
A posé son gros cul sur le droit des pères

C’est une tragédie
Une nouvelle course à l’envers
La justice a posé son gros cul
Sur le droit des pères

Si je t’écris aujourd’hui
Mon enfant, de ma nuit
C’est pour que tu saches
Que si j’ai tout perdu
Comme un chien je me suis battu
Pour mon droit de t’aimer
Comme un papa peut aimer
Ils m’ont laisser errer sans toi
Dans ma colère
Ils ont piétiné encore une fois
Le droit des pères

Ils nous ont posé
Toi et moi sur le bord
Comme deux serpillières
Et merde
Au droit des pères !

Si je t’écris aujourd’hui
C’est que tu dois savoir
Qu’ils ne m’ont laissé
Que le droit de hurler
Ton prénom dans le vent
J’ai perdu la plus importante
De mes guerres
Te voir grandir tous les jours
Mon enfant

Nous sommes des milliers de pères
Le nez dans la poussière
Les milliers qu’ils ont jetés
Dans ce cachot, ce piège à rat, cette misère
Des milliers à pleurer
Madame la Justice, enlevez vos œillères
Des milliers à mendier
Notre droit des pères

Je m’en vais dans ma nuit
Non, je ne te laisse pas
Non, je veille de loin
Puisque c’est le seul de mes droits
J’aurais toujours une main sur le cœur
L’autre sur ton épaule
Je viendrais te renifler
De loin, à la sortie de l’école

Mon amour
Ils ne m’arracheront pas ça
Ni eux, ni ta pauvre mère
Mes yeux de père

Mon amour
Sache que mes mains se seront déchirées
Sur l’infranchissable barbelé
D’une machine à fric
Qu’ils appellent Justice
La plus vieille des putes
À la raie je lui pisse

J’ai cette envie de meurtre
Au fond de ma colère
Je ne poserai pas de bombes
Non, ça me dégoûte
Il n’y a rien de plus bas
Tu sais
Celles qui arrachent
Les jambes et les bras
Elles n’arracheront jamais le cœur
De ceux qui n’en ont pas
Tu sais
Ceux qui nous offrent
Des miettes de jours pour tous les deux
Chaque mois

J’ai cette envie de meurtre
Au fond de ma prière
Ils m’ont volé
Mon droit de père

Analyse

Cette chanson principalement discursive représente bien la tradition de la chanson engagée, avec ou sans histoire pour la soutenir. En l’occurrence, elle raconte quelques événements :

  • Je viens suppliersituation de base où le chanteur-Héros réclame ou exige que la Justice Antagoniste respecte son droit. Cette situation une fois établie ne change pas, n’évolue pas, car la situation reste bloquée du fait de l’Antagoniste intransigeant.
  • La justice a été trop juste encore une fois, La justice a posé son gros cul sur le droit des pères, Ils ont piétiné encore une fois le droit des pères, Ils nous ont posé toi et moi sur le bord comme deux serpillières, ils ne m’ont laissé que le droit de hurler ton prénom dans le vent, ils ont jeté des milliers de pères le nez dans la poussière dans ce cachot, ce piège à rat, cette misère : toutes ces expressions disent la même chose et réfèrent à un même jugement judiciaire défavorable au Héros, qui manifestement ne l’a pas apprécié… C’est donc le déclencheur dans le passé, hors champ, de sa révolte actuelle.
  • Du fond de sa situation désespérée, le Héros envisage quelques actions, par exemple J’aurai toujours une main sur le cœur l’autre sur ton épaule, Je viendrai te renifler de loin, à la sortie de l’école, ou encore déchirer ses mains sur l’infranchissable barbelé d’une machine à fric qu’ils appellent Justice, ou encore commettre un meurtre ou poser une bombe, mais le Héros renonce aussitôt à ces projets extrêmes.

Tout cela ne forme pas vraiment une histoire parce qu’il y manque une évolution possible. Quand la chanson commence, la justice a déjà rendu son jugement, le Héros a donc perdu d’office et il ne peut plus rien faire à part s’énerver contre cet ennemi légal qui le prive de son droit.

Cette situation bloquée fait que le chanteur n’a plus que deux options artistiques, qu’il exploite toutes deux :

  • Le lyrisme pur, l’expression poétique de ses sentiments. On constate que même quand l’auteur se vautre dans la vulgarité, il le fait avec une élégante inversion syntaxique typique de la tradition poétique : À la raie je lui pisse. Ce lyrisme est également responsable de la série de reformulations et de paraphrases déjà citées.
  • Le discours, le plaidoyer. On les voit à l’œuvre à travers une série de jugements de valeur, d’adjectifs qualificatifs, de métaphores qui décrivent par exemple la justice comme partielle, meurtrière, une machine à fric, la plus vieille des putes, ceux qui n’ont pas de cœur

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