Analyse du film Le Parrain de Francis Ford Coppola, genres, registres et tons

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PDF, 105 pages

Les trois épisodes du Parrain se classent dans le Top 10 mondial des films les plus appréciés. Cette place, le film la doit en grande partie à la qualité exceptionnelle de son scénario.
C’est pourquoi nous avons analysé en détail les intrigues, personnages, effets dramatiques et autres paramètres narratifs de ce chef d’oeuvre technique.
Voici, pour vous scénaristes et auteurs, un extrait de nos analyses.

Genres, registres et tons

La question des genres du Parrain paraît simple.

Le film se présente comme le récit d’une transition dynastique au sein d’une famille mafieuse opposée à d’autres familles mafieuses, on a donc affaire à la fois à un drame familial et à une histoire de gangsters.

Les aspects liés au drame familial sont illustrés par les thématiques :

  • Des frères rivaux, Sonny l’héritier, Fredo l’incapable, Michael le Héros insoupçonné, et Tom Hagen le fils adoptif, un peu mal-aimé.
  • Des relations père/fils, avec la relation privilégiée, proche, faite de protection mutuelle, entre Vito et Michael.

L’histoire de gangsters, elle, tient à l’opposition du clan Corleone à Sollozzo puis aux Cinq Familles.

L’alliance des deux genres évoque un genre ancien en filigrane : la chanson de geste médiévale. En effet, ce genre racontait souvent l’histoire de Rois et de fils de Rois, partant guerroyer contre d’autres lignages : on en a dans le Parrain comme une transposition moderne.

Avec le thème des amours heureuses et malheureuses – Connie/Carlo, Michael/Apollonia, Michael/Kay – le film prend aussi un côté drame sentimental, dont un pôle thématique, la violence conjugale entre Connie et Carlo, s’oppose frontalement à un autre pôle, la romance entre Michael et Kay puis entre Michael et Apollonia.

Le recours à ces genres a permis aux auteurs de construire différents types de scènes sur divers registres :

  • Des scènes d’action, pleines de suspense et d’une tension dont le risque est la mort.
  • Directement liées aux scènes d’action, des scènes de délibération, de préparation de l’action. Elles relèvent de la même atmosphère sombre et tendue.
  • Des scènes d’amour ou de couple, parfois dans la violence, parfois dans la plus parfaite harmonie.

L’essentiel de l’action est traité dans un registre et sur un ton sérieux : très peu d’humour, très peu de charme…

Les seuls moments émotionnellement positifs sont la séquence du mariage, festif et joyeux (mais complété par la solennité des scènes où Vito reçoit ses “clients”), et l’idylle entre Michael et Apollonia.
Partout ailleurs, on oscille entre gravité, solennité, tension, incertitude, menace diffuse, violence, crise, tristesse… Bref, une gamme variée d’ambiances négatives, et pourtant fort plaisantes à suivre !

Les personnages principaux d’ailleurs, portent en eux ces émotions profondes : le sérieux charismatique de Vito, l’impassibilité de Michael, qui sourit anormalement peu…

Rappelons-le : sur des milliers de films produits par l’humanité, celui-ci reste l’un des plus universellement appréciés. Comme quoi, on ne fait pas forcément de la bonne fiction avec de bons sentiments.

Passionnant n’est-ce pas ?

Découvrez les multiples ruses techniques, secrets narratifs et effets dramatiques du scénario du film Le Parrain dans notre PDF d’analyse.

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