Louise Attaque – La Plume – Analyse des paroles

Chanson française
PDF, 176 pages

Story&Drama analyse les paroles énigmatiques et sophistiquées de la chanson La Plume, de Louise Attaque, où l’auteur-chanteur feint de confier à quelqu’un d’autre la verve créatrice qui l’a quitté.

Clip de La plume

Paroles de Louise Attaque – La plume

1

J’te donne la plume pour qu’tu dessines
La plus belle ville que t’aies connue
Le plus bel hymne que t’aies voulu
J’te donne la plume moi j’en veux plus

2

J’te donne la plume pour savoir vivre
Parler, écrire et danser
Pour rester ivre bien éveillé
J’te donne la plume et mes conneries,
Garde-les

Refrain

Voilà une heure que je t’attends
Voilà mon cœur prudence en sortant
Compter les heures depuis longtemps
Est revenu mon cœur déposer en sortant

3

J’te donne la plume pour que t’inscrives
Perpétuellement la vie à construire
Ce mouvement si dur
J’te donne la plume moi j’en veux plus

Refrain

Voilà une heure que je t’attends
Voilà mon cœur prudence en sortant
Compter les heures depuis longtemps
Est revenu mon cœur déposer en sortant

Refrain

Voilà une heure que je t’attends
Voilà mon cœur prudence en sortant
Compter les heures depuis longtemps
Est revenu mon cœur déposer en sortant

Analyse

Voilà une chanson plutôt étrange.

Elle est faite de 6 groupes de vers, dont 3 couplets différents et 3 refrains identiques. Seulement, ces couplets et refrains ne sont pas présentés dans l’ordre traditionnel, entrelacé, mais dans un ordre dissymétrique.

Le couplet 1 nous présente quelqu’un qui donne la plume à quelqu’un d’autre – à nous public ? Il a l’air d’en avoir une belle idée de cette plume, mais lui… n’en veut plus. Sa motivation ne sera jamais connue. Ce geste décrit par des paroles met ces paroles en abyme, elles décrivent comment elles offrent le pouvoir créateur au public, tout en assumant pleinement ce pouvoir.

Est-ce une intrigue ? Il est le Héros et son but consiste à donner cette plume ? Ok, c’est fait, fin de l’intrigue ?

Le couplet 2 répète la donation en variant. Elle conclut d’une autre manière, mais toute aussi surprenante : et mes conneries, garde-les – comme si la plume qui sert à écrire les belles choses servait aussi à écrire ses conneries.

Ensuite vient le refrain, qui décrit une nouvelle situation : celui qui vient de donner la plume, attend l’autre depuis une heure ou plus longtemps. Cette situation s’articule difficilement à la précédente, qui impliquait la présence de je et de tu. Dans le refrain je attends tu en vain.

Ce refrain transgresse aussi la langue. Par l’accumulation hyper-élégante de plusieurs verbes conjugués de 4 manières différentes en 4 vers (présent de l’indicatif, infinitif, gérondif, passé composé, infinitif), il nous désoriente et son sens finit par s’obscurcir. Cela confirme pourtant ce qu’il disait : c’est le style de quelqu’un qui aurait trop écrit.

Dans le couplet 3 il répète une troisième fois la donation, en variant à nouveau sur l’idée très positive du pouvoir créateur de l’écriture.

Le refrain répété sonne enfin ironique, à recommencer l’attente de l’autre alors que la chanson consiste finalement à cesser d’écrire, donc à cesser d’écrire des paroles, donc à cesser de chanter des chansons dignes d’être commentées, donc à cesser cette analyse… :-)

Lire la suite de l’analyse des paroles dans le PDF Chanson française

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