Commentaire du Petit prince, Chapitre IX : le petit prince quitte sa planète

Le petit prince
PDF, 76 pages

Voici un extrait de l’analyse narrative du Petit prince, best-seller mondial de la littérature enfantine et de la littérature tout court.

Commentaire du Petit prince de Saint Exupéry, Chapitre IX : le petit prince quitte sa planète

« Je crois qu’il profita, pour son évasion, d’une migration d’oiseaux sauvages. »

Thème : toujours dans la même logique, facile à suivre, le narrateur pose d’emblée le thème de cette nouvelle intrigue.

Le narrateur repasse en mode omniscient, c’est-à-dire qu’il connaît les détails de l’histoire de quelqu’un d’autre, sans qu’à notre connaissance cette histoire lui ait été racontée.

Avant de partir, le petit prince ramone ses volcans en activité – il en a deux, plus un troisième qui reste éteint. S’ensuit une petite digression sur l’impossibilité de ramoner les volcans sur terre, car ils sont trop grands ou nous sommes trop petits.

Structure : exposition (le petit prince sur sa planète) et déclencheur (il veut partir) puis début du développement de l’Acte II de l’intrigue annoncée d’évasion.

Répétition de motif : le jeu de mise en opposition de ce qui est petit et de ce qui est grand, de la planète du petit prince et de notre planète, continue, dans une logique flatteuse envers les enfants lecteurs, rassurés par l’existence d’un monde fait à leur taille et non à celle des grandes personnes.

Le petit prince vient ensuite dire adieu à sa fleur, avant de la mettre à l’abri sous cloche.

Désolé d’insister, mais c’est l’auteur qui a commencé : cette mise sous cloche du seul personnage féminin résonne de manière malveillante, car il s’agit bien d’une prison de verre, d’une mise sous tutelle sous prétexte de protection réclamée par la rose elle-même. Imagine-t-on de mettre le petit prince sous cloche, lui qui au contraire incarne la liberté et la mobilité (« … il profita, pour son évasion, d’une migration d’oiseaux sauvages »), comme l’aviateur ? Petite fille = pas bouger, rester sage comme une image ; petit garçon = sois libre, va conquérir le monde ! Tss…

La rose refuse d’abord de parler, puis déclare son amour au petit prince. Elle s’accuse d’avoir été sotte, elle lui souhaite d’être heureux, elle refuse d’être mise sous cloche, arguant qu’elle peut se défendre, fière de ses « griffes » (ses épines), puis elle le congédie sèchement, mais par pudeur en vérité, pour ne pas qu’il la voie pleurer… Le texte conclut : « c’était une fleur tellement orgueilleuse »

Et une onzième puis une douzième caractéristiques misogynes, pour la route : la sottise, puis l’orgueil… ces défauts étant rachetés en partie par la pudeur ?

Structure : comme dans plusieurs mini-intrigues précédentes, on en vient très vite à la crise. On reconstitue les données : Héros, le prince qui veut partir, antagonisme, sa tristesse d’avoir à laisser la fleur, et Aide du Héros, la fleur elle-même qui encourage le petit prince à l’abandonner.

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