Analyse du sketche Basse fosse de Pierre Desproges

Humour & sketchs comiques
PDF, 140 pages

Vous aussi, vous voulez faire rire les foules ?
Des plus grands auteurs comiques, apprenez à construire un délire logique, une situation super loufoque, une arnaque conceptuelle, des personnages tordants…
Et rendez vos histoires plus que drôles !

Basse fosse de Pierre Desproges

Voici un sketch à basse de virtuosité logique, qui réussit l’exploit d’aligner des dizaines d’effets comiques sans reposer sur rien d’autre que la situation du public assis pour écouter l’humoriste. Comment produire du rire à partir de presque rien !

Dites-moi, j’y ai déjà fait allusion tout à l’heure, mais vous n’écoutiez déjà pas, alors, je me répète : c’est grotesque d’être assis comme ça.

Cette phrase pose le thème principal du sketch : le fait que l’homme s’assoie.

Le sketch s’ouvre en adresse directe du narrateur au spectateur : Dites-moi… vous… C’est évidemment un moyen d’accrocher l’attention du public, que de l’attaquer ainsi d’emblée.

Peu d’animaux s’abaissent jusqu’à s’asseoir.

Note : à chaque fin de phrase, l’auteur laisse des silences, véritables respirations intellectuelles permettant au public de procéder au calcul conceptuel souvent compliqué des facéties virtuoses de l’auteur.

Le hibou se perche, la chauve-souris se pend, le serpent se love, le ham s’terre.

La blague vient à l’évidence d’un forçage de la logique, avec un effet stylistique de répétition.

(C’est Victor Hugo qui disait que les calembours, c’était des pets de l’esprit, il avait pas tout à fait tort. Je l’ferai plus. Je recommence…)

En commentant son calembour, Desproges multiplie les effets de style : une citation d’autorité, mise en fort contraste avec un thème vulgaire, et une sorte d’oxymore dans cette citation puisque le pet, émanation du ventre, symbole du bas et du vulgaire, s’oppose à l’esprit et à la haute culture, dont Victor Hugo est une icône vénérée en France…
L’attribution de cette définition osée du calembour à Hugo est sans doute fantaisiste.

Le hibou se perche, la chauve-souris se pend, le serpent se love, l’ara s’casse, le cheval se couche, le soleil se lève, l’homme s’assoit.

Retour au thème, bouclage après détour : un autre type d’abus de logique, avec d’abord une répétition pure et simple des trois premiers termes de la série, puis un nouveau terme en 4è position qui prétend corriger le calembour le ham s’terre mais qui ne fait que dérailler à nouveau par un autre calembour, l’ara s’casse, ensuite un 5è terme qui parait acceptable et rassure la logique, un 6è terme qui est un intrus – une chose, le soleil, dissone dans la série des animaux – et enfin un 7è terme, l’homme, qui revient à la logique.

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