Jean-Jacques Goldman – Tournent les violons – Analyse des paroles

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Analyses des paroles de 48 chansons françaises
PDF, 176 pages

 

 Story&Drama analyse les paroles de la chanson Tournent les violons de Jean-Jacques Goldman, qui raconte une histoire d’amour fantasmée dans une époque lointaine.

Clip

Jean-Jacques Goldman - Tournent les violons (Clip officiel)

Paroles

1

Grande fête au château il y a bien longtemps
Les belles et les beaux, nobliaux, noble sang
De tout le royaume on est venu dansant

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

2

Grande fête aux rameaux et Manon a seize ans
Servante en ce château comme sa mère avant
Elle porte les plateaux lourds à ses mains d’enfant

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

3

Le bel uniforme, oh le beau lieutenant
Différent des hommes d’ici blond et grand
Le sourire éclatant d’un prince charmant

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

4

Redoublent la fête et les rires et les danses
Manon s’émerveille en remplissant les panses
Le bruit, les lumières, c’est lui qui s’avance

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

5

En prenant son verre auprès d’elle il se penche
Lui glisse à l’oreille en lui frôlant la hanche
« Tu es bien jolie » dans un divin sourire

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

6

Passent les années dures et grises à servir
Une vie de peine et si peu de plaisir
Mais ce trouble là brûle en ses souvenirs

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

7

Elle y pense encore et encore et toujours
Les violons, le décor, et ses mots de velours
Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

8

En prenant son verre auprès d’elle il se penche
Lui glisse à l’oreille en lui frôlant la hanche
Juste quatre mots, le trouble d’une vie
Juste quatre mots qu’aussitôt il oublie

Tournent les vies oh tournent et s’en vont
Tournent les violons

Coda

Elle y pense encore et encore et toujours

Analyse

Voilà une chanson narrative de bout en bout, et très habilement construite quoique simple.

Le couplet 1 expose le cadre spatio-temporel : au château il y a bien longtemps. D’office cette chanson contemporaine d’un artiste de variétés/chanson française nous surprend en nous emmenant faire une fête au Moyen Âge (mais on y reviendra avec une chanson des Rita Mitsouko, La Sorcière et l’Inquisiteur, et une chanson de Michel Polnareff, Le Bal des Lazes).

Le couplet 2 décadre. Elle expose la situation pénible de Manon, 16 ans, servante au château.

Le couplet 3 expose, sans le situer, un beau lieutenant.

Pour l’instant, on a 3 expositions centrées sur un château, une jeune fille, et un bel homme. Des éléments d’un fantasme connu, l’histoire du prince charmant et des romans roses. On est dans l’Acte I.

Le couplet 4 les fait converger dans une scène de bal et de festin.

Le couplet 5 présente l’homme qui fait des avances à la jeune servante qui le voit comme un prince. C’est le déclencheur. Le but implicite, c’est pour chacun d’être avec l’autre. La question dramatique se pose donc sous cette forme : seront-ils amants ? On voit bien que la distance sociale entre eux fait obstacle.

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2 réflexions sur “Jean-Jacques Goldman – Tournent les violons – Analyse des paroles”

  1. Bonjour,
    L’action ne peut pas se passer au Moyen-âge comme vous l’écrivez. Au moyen-âge, les chevaliers n’avaient pas d’uniforme standardisé (d’où le nom « uniforme »), il avaient leur équipement (armure, cote de mailles) qu’ils revêtaient d’un tabard pour signifier l’allégeance à un seigneur. Le terme « lieutenant » au sens de « grade » n’était pas utilisé non plus, je pense. Pour moi cette histoire se déroule sous l’Ancien Régime, au XVIIe ou même plutôt au XVIIIe siècle. La rythmique musicale peut laisser entendre un côté médiéval, de même que le terme « Prince charmant »… mais je doute que ce terme lui-même soit d’époque médiévale, je pense qu’il s’agit plutôt d’une création plus récente de conteurs comme Perrault (XVIIe aussi), mais là je reconnais que je n’ai pas de base solide pour étayer ce propos. Qu’en pensez-vous ?

  2. Bonjour, je pense que vos remarques sont justes, et à la réflexion je dirais en effet, comme vous, que la chanson réfère plutôt à l’âge classique qu’au moyen-âge.

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