Témoignages de jeunes artistes narratifs

Eva Knauth – « Ludovic Bablon et l’art du récit »

L’écrivaine Eva Knauth a rendu un bel hommage à mon enseignement en signant un long papier à propos de mon enseignement en art narratif.

Plus qu’un qu’un billet en forme de clin d’oeil amical, c’est un magnifique petit roman critique mêlant narration et essai, dans un style flamboyant, alerte, contrasté, pertinent même dans l’impertinence.

Ludovic Bablon et l’art du récit

Merci Eva !

Julie Lesurtel Robespierre – 4 histoires sur la cruauté humaine

Je connaissais déjà les méthodes de travail de Ludovic avant de commencer les « cours particuliers » avec lui. J’avais assisté à l’un de ses workshops Story&Drama, sur 4 jours, qui m’a convaincue de continuer avec Ludovic en mode « suivi individuel », en tête-à-tête.

À l’époque je travaillais sur un projet de roman.

Je voulais écrire 4 histoires différentes, qui reprenaient chacune une expérience sociologique orientée sur la question de la méchanceté ou la cruauté chez l’humain:

  • l’expérience d’Asch en 1951 (comment notre jugement et nos actions sont influencés par les autres),
  • l’expérience de Milgram en 1963 (où des volontaires ont prouvé leur obéissance aveugle en infligeant des décharges électriques à d’autres participants, sous l’ordre d’un scientifique, figure d’autorité),
  • l’expérience dite de  » la Troisième Vague » en 1967 (expérience au cours de laquelle, il a été mis en évidence combien il était facile de manipuler de jeunes adultes en jouant sur leur besoin d’appartenir à un groupe, en structurant le temps par la discipline),
  • et enfin l’expérience de Stanford de 1971 (comment notre caractère s’adapte à un autre univers avec d’autres codes de valeurs en oubliant vite ceux de notre société, par exemple en prison).

Chacune de mes histoires devait reprendre une de ces expériences et la calquer sur une anecdote ordinaire du quotidien, pour démontrer que, finalement, il n’y a rien de plus banal que la cruauté humaine. Bien que la plupart de mes recherches ont aussi démontré que la bêtise était pour beaucoup responsable de ce genre de faits.

À cause d’un emploi du temps très chargé, je n’étais disponible que le soir. Nous avons donc décidé de nous rencontrer un soir par semaine. Au début, il était surtout question du fil conducteur que l’on retrouverait dans toutes les parties : il était très important pour moi que Ludovic comprenne exactement ce que je voulais véhiculer comme message.

Ensuite, je me suis concentrée sur une histoire en particulier : une fois par semaine, j’arrivais avec mes notes et j’exposais mes personnages, leur histoire, leurs aventures et les structures narratives que j’avais préparées. C’était très agréable d’avoir quelqu’un avec qui échanger sur le passé ou le caractère de mes personnages. Mais de par son expérience, Ludovic a su reconnaître les failles dans mes idées ou bien les faiblesses dans la crédibilité de l’histoire, tout comme la complexité éthique ou l’ambiguïté de mes personnages. C’était un travail d’échange critique, où on a passé chaque détail au peigne fin pour construire quelque chose de solide.

On a rarement regardé l’heure, pris dans la tension narrative qu’on construisait, et on a souvent fini beaucoup plus tard que prévu.

La collaboration a ainsi duré environ 7 mois, au cours desquels Ludovic m’a appris une quantité de détails techniques dont j’ignorais pour la plupart l’existence. Je me suis sentie prise au sérieux, malgré mon jeune âge et mon manque total d’expérience en la matière. J’ai apprécié la générosité de Ludovic qui m’a appris énormément sur l’art du récit, sans être retenue par quelque frustration ou amertume. C’était une atmosphère idéale pour développer une idée encore fragile.

Pas de faux-semblant ou de mondanité, rien que le travail honnête des passionnés.

Julie, libraire

Vincent Roux – Projet de saga romanesque en Science-Fiction

Vincent Roux

Je suis arrivé chez Ludo avec la peur de m’entendre dire que mon travail était un beau chaos, qu’il fallait faire des coupes ici et là, que certains personnages étaient redondants. Bref j’avais peur que sous les yeux d’un spécialiste de l’art narratif mon projet s’effrite. J’y allais un peu pour ça, histoire de pas bosser pour rien, recadrer, un peu aussi pour me remotiver.

J’arrivais débordant d’éléments d’un jeu de rôle futuriste d’une dizaine d’épisodes qui avait passionné ses joueurs et que je voulais transformer en BD, j’avais lu plusieurs livres sur l’art narratif et n’arrivais quand même pas à m’y retrouver.

Ludo a pris mon travail avec peut-être plus de sérieux que moi, il m’a dit qu’il serait difficile de bâtir un univers très dense et d’en faire une BD, qu’on perdrait trop, que je devais penser à écrire un roman qui serait adaptable par la suite en BD, jeux et autres, et devant mon hésitation (je m’en sentais pas vraiment capable) il m’a dit qu’avec le travail que j’avais déjà fait sur le jeux de rôles (des centaines de fichiers, descriptions du monde fictif, fiches-personnages, scénarios d’épisodes…), j’étais déjà écrivain.

Ce qui m’a le plus marqué c’est son engagement, en deux heures il maîtrisait presque un univers qui m’avait demandé plusieurs années de travail, il cernait les personnages et voyait déjà une construction, un plan.

Il a organisé le tout, m’a donné à faire des travaux qui m’ont permis d’y voir plus clair, et même de concrétiser des idées encore au stade embryonnaire quelques jours avant.

Je suis reparti plus motivé que jamais, je ne me sentais plus seul avec un projet presque trop lourd pour moi, je savais qu’en cas de difficulté, j’avais une personne disponible et compétente pour m’épauler.

Vincent Roux, graphiste et maître de jeu de rôles

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