Le petit prince et le renard, Chapitre XXI, résumé et analyse

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Analyse du conte pour enfants Le Petit prince
PDF, 76 pages
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Voici un extrait de l’analyse narrative du conte pour enfants Le petit prince, d’Antoine de Saint-Exupéry, best-seller mondial de la littérature enfantine et de la littérature tout court.

Dans cette analyse nous utilisons les concepts de nos cours de scénario.

Le petit prince et le renard, Chapitre XXI, résumé et analyse

Un renard, caché, dit bonjour au petit prince. Il se dévoile, le petit prince lui propose de jouer mais le renard refuse car il n’est pas apprivoisé.

Structure : ce chapitre 21 s’ouvre sur l’exposition et le déclencheur d’une nouvelle intrigue. Le petit prince est une nouvelle fois Héros, son but est de jouer et, comme cela a déjà été précisé et va se confirmer, de se faire un ami. Comme il refuse, l’animal joue d’abord le rôle d’Antagoniste.

Le petit prince demande ce que signifie « apprivoiser », le renard sans répondre demande ce que cherche le prince, qui répond qu’il cherche les hommes et repose sa question :

« – Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

– Ah ! pardon », fit le petit prince.

Mais après réflexion, il ajouta :

« Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? »

Répétition de motif et caractérisation : le petit prince obstinément curieux n’abandonne jamais ses questions. (Comme dans la célèbre scène au début du livre, dans laquelle il ordonne à l’auteur-narrateur tombé d’avion : « Dessine-moi un mouton ! »)

Le renard évoque les hommes, chasseurs et éleveurs de poules, et demande si le prince cherche des poules. Le prince affirme qu’il cherche des amis, et repose sa question.

Redéfinition du but du Héros.

Double répétition de motif : curiosité obstinée du prince, et recherche d’amis.

Le renard explique ce que signifie apprivoiser : c’est créer des liens, et devenir unique l’un pour l’autre, parmi cent mille autres :

« – Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

L’enfant croit comprendre, par analogie, qu’il a donc apprivoisé sa rose. Il évoque sa planète, dont le renard se demande si on y trouve des chasseurs, et des poules. Comme le petit prince répond qu’il n’y a ni l’un ni l’autre, cela ne fait pas les affaires du renard.

Structure : pour la première fois depuis son arrivée sur la planète terre au début du livre et sa rencontre avec l’aviateur (avatar de l’auteur et narrateur, Antoine de Saint-Exupéry), le petit prince peut enfin sympathiser avec quelqu’un. On comprend donc qu’il est sur le point de réaliser le but à l’origine de son voyage : se faire un ami.

C’est le renard qui se lance : pour échapper à une vie monotone de chasseur de poules chassé par les hommes, il propose au petit prince de l’apprivoiser, ainsi le blé, qui ne signifie rien pour lui, lui rappellera la couleur dorée des cheveux du petit prince. Le jeune garçon accepte avec un peu de réticence, prétextant avoir des amis à rencontrer et des choses à connaître. Le renard insiste et, répondant à la curiosité du petit prince, propose une méthode simple : se rapprocher jour après jour…

Structure : on aurait pu croire le but atteint, puisque les deux personnages entretiennent déjà un dialogue très amical, mais il n’en est rien car le renard fait preuve d’une exigence méthodologique et morale… Le but s’éloigne donc, pour mieux se rapprocher par la suite.

Le lendemain, le petit prince revient voir le renard, qui propose que le prince vienne chaque jour à la même heure, pour pouvoir avoir la joie de l’attendre… et que ce soit comme un rite. Le prince demande ce qu’est un rite, l’animal roux le lui explique à sa manière : c’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours. Puis le narrateur affirme que le renard a été apprivoisé par le prince.

Structure : grâce à cette sorte de code secret entre eux, le but est donc atteint et on peut croire l’intrigue terminée. Fausse piste !

Or, le prince doit déjà s’en aller. Son nouvel ami en est triste, mais content quand même car la couleur du blé signifie maintenant quelque chose pour lui. Il recommande au prince de retourner voir les roses.

Structure : l’intrigue du roman redémarre, sur des données modifiées : le personnage du petit prince reste Héros, mais le renard, sans doute en remerciement, se fait Mentor, il envoie le prince en mission et lui donne un nouveau but. Saint-Exupéry a souvent construit son roman comme ça, en branchant entre elles de petites intrigues simples, la conclusion – parfois précoce – de l’une devient le point de départ de l’autre.

L’enfant s’adresse aux roses pour leur dire qu’elles ne sont pas apprivoisées comme sa rose, elles sont toutes pareilles, sans valeur spéciale.

Structure : ce retour à l’intrigue du chapitre XX modifie légèrement le schéma des intrigues : la présente et celle du chapitre XX convergent maintenant.

Le petit prince revient dire adieu au renard, qui en résumé lui offre ce message à retenir : « Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Structure : en révélant quel est le secret du renard dans le petit prince, l’histoire distille le grand message du livre, à savoir qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux, autrement dit qu’il faut voir les gens au-delà de leur apparence et les aimer pour ce qu’ils sont et pas pour ce qu’ils ont l’air d’être (citation souvent reprise, et message qu’on retrouve dans beaucoup d’autres contes où des êtres aux apparences de monstres cachent de grands cœurs : La Belle et la Bête par exemple) ; le conte peut maintenant se clore sur ce bénéfice conquis par le Héros, qui a appris, gagné en sagesse, acquis une nouvelle vision du monde.

Genre : ce message à retenir constitue un nouvel exemple des intentions d’éducation morale d’Antoine de Saint-Exupéry, intentions typiques du genre littéraire des romans d’apprentissage, livres pour enfants destinés à instruire (une longue tradition en France où le livre est le média scolaire par excellence).

Le renard fait répéter au garçon quelques autres phrases belles et sages à propos du fait qu’il est responsable de sa fleur bien-aimée, sa rose.

Ceci confirme le rôle de Mentor du personnage du renard. Un Mentor transmet un but ou des moyens de parvenir au but. C’est le cas, puisque le petit prince cherchait à connaître – il a gagné en sagesse – et à se faire des amis – il s’en est fait un, et a gagné le moyen de s’en faire d’autres.

C’était un extrait de notre résumé + analyse du chapitre 21 du Petit prince.

Vous voulez écrire une histoire pour enfants ? Prenez un enfant, un aviateur, un mouton, un boa, des étoiles, des astéroïdes, la terre, le désert… versez des hectolitres d’amour de la lecture, remuez bien, c’est prêt ! Bref, étudiez Le petit prince  et prenez modèle sur les techniques d’écriture de son auteur !

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